LE MOOC DE LA CLIMATO-SCIENCE
"apprendre pour comprendre"

SATURATION DU CO2

module 4 – vidéo 3

 

 RETOUR A L’ACCUEIL

Bonjour,

Je vous ai   exposé dans la vidéo précédente comment fonctionnait l’effet de serre et je vous ai expliqué que la présence d’un gaz à effet de serre se traduisait par une indentation de la pseudo planckienne correspondant à la température moyenne de la Terre en l’absence d’atmosphère et que cette indentation était d’autant plus grande que la teneur de ce gaz dans l’atmosphère était importante et donc que l’absorption des IR qu’il absorbe est importante. Ceci conduit à un déplacement de la planckienne vers une température supérieure. Plus l’indentation est importante et plus la température monte.

Je vous ai laissé sur une question que vous avez sans doute résolue, et qui était « que se passe-t-il lorsque la teneur est telle que tous ces IR sont absorbés ? ». J’ai envie de dire  « à question idiote réponse idiote » tant cette réponse est évidente. Si le GES n’a plus d’IR à se mettre sous la dent il ne peut plus exercer d’effet de serre et il ne peut plus participer d’aucune manière à quelque réchauffement que ce soit, à partir de ce niveau bien sûr. Cette teneur est appelée teneur de saturation de l’effet de serre.

J’aurai du m’équiper d’un gilet pare-balles car c’est l’argument qui innocente de façon irréfutable le CO2 de toute responsabilité dans quelque réchauffement que ce soit. Pouvez-vous le prouver me demandera-t-on ? Quelle est la teneur de saturation du CO2 dans l’atmosphère et quelle est sa teneur actuelle.

On pourra en discuter plus tard mais j’ai un bien meilleur argument à vous soumettre pour vous convaincre que le CO2 a atteint et dépassé sa teneur de saturation, c’est ce graphique qui a été repris depuis des décennies par tous les organismes scientifiques, comme le CEA, le CNRS, et bien d’autres comme par exemple l’Ecole des Hautes Etudes Météorologiques sur le site de lequel je l’ai relevé tout récemment. On le trouve également sur le site EDUSCOL du Ministère de l’Education Nationale, c’est dire si ce graphique a une valeur quasi officielle.

Ce diagramme présente les spectres moyennés de la Terre et du Soleil et vous pouvez voir que le CO2 a quatre bandes d’absorption, mais que seule celle que j’ai numéroté 4 qui est centrée sur 15 microns de longueur d’onde, a de l’importance car les trois autres correspondent à des fréquences que la Terre n’émet pas ou qui sont déjà bloquées par d’autres gaz, essentiellement la vapeur d’eau. Or si vous regardez cette bande des 15 microns, vous voyez qu’aucun rayonnement de cette fréquence ne sort dans l’espace. S’ils sont absents du diagramme c’est comme dirait Monsieur de la Palice, qu’ils ont été tous absorbés. Peut-être que Monsieur de la Palice pourrait ainsi se distinguer comme éminent climatologue et devenir, pourquoi pas membre du GIEC !!

La cause est entendue. Douteriez-vous ? Je vais sortir un peu de la science pour entrer dans la polémique. Ais-je inventé cette histoire de saturation ? Que nenni, j’ai un illustre précurseur, nul autre que Sa Majesté le GIEC ! Le premier Rapport Scientifique et le Résumé pour les décideurs de l’année 1990 spécifiait en effet en toutes lettres que, du fait de la saturation de son effet de serre, le réchauffement ne pouvait être attribué au CO2. Le rapport scientifique suivant reprenait le même argument, mais lors de l’Assemblée Générale au cours de laquelle les représentants des 197 ou 198 pays membres qui, en principe, s’appuient sur ce rapport pas encore publié mais largement diffusé auprès de toutes les personnes qui y ont contribué, ont délibérément piétiné les avis scientifiques et ont décidé que dans ce rapport pour les décideurs, il fallait attribuer le réchauffement au CO2 anthropique, ce qui a été fait. Et comme le Rapport Scientifique  ne pouvait contredire le Résumé pour les Décideurs, il a été remanié en conséquence. Les modifications sont connues ligne par ligne ! D’ailleurs le climatologue en charge de cette escroquerie, un nommé Ben Santer, ne s’en est pas caché et s’en est même vanté publiquement !

Cela a déclenché quand même une vague de protestation et la démission de nombreux contributeurs du Rapport Scientifique, outrés de voir publier sous leur nom exactement le contraire de ce qu’ils avaient approuvé. Les autres sont restés et ont fait carrière. C’est pourquoi je les traite d’escrocs et de prostitués intellectuels. Je l’ai fait très publiquement dans les commentaires d’un MOOC de l’Université de Louvain sur lequel je m’étais inscrit pour cracher mon venin ! Je les ai mis au défi de prétendre que le réchauffement était prouvé par les relevés de température moyenne et de nier que l’effet de serre du CO2 n’était pas saturé. En dépit des exhortations d’un participant à ce MOOC, ils n’ont jamais répondu ! Quelle meilleure preuve de leur malhonnêteté.

Bien entendu cet argument de la saturation de l’effet de serre du CO2 n’a pas manqué d’être repris de temps à autre par certains climato-sceptiques, et à mon grand regret pas par tous, alors que c’est l’arme absolue contre toutes les abyssalement stupides mesures de soi-disant lutte contre le réchauffement. Mais malheureusement ce n’est pas parce qu’on est climatosceptique qu’on ne dit forcément pas autant de bêtises que les réchauffistes ou qu’on connaît mieux sa physique ! C’est pourquoi d’ailleurs ce MOOC est autant destiné aux climato-sceptiques qu’au grand public. J’aimerais dire aussi aux réchauffistes mais j’ai la tristesse et la certitude de savoir qu’ils l’ignoreront et continueront à souscrire à leurs dogmes religieux et à adresser leurs prières à leur déesse Gaïa !

Néanmoins pour les moins ignorants d’entre eux cette histoire de la saturation de l’effet de serre est une très grosse épine dans le pied ce qui a donné lieu à diverses tentatives pour la contredire. Une théorie ne vaut que si on peut démontrer que les théories contraires sont erronées. Il nous faut donc passer en revue celles qui prétendent que le CO2 joue un rôle dans le réchauffement en dépit de la saturation de son effet de serre,ou qui nient cette saturation, c’est ce que nous allons faire maintenant.

La première qui semble s’être quelque peu dissolue dans l’oubli, encore qu’elle renaisse parfois de ses cendres émane directement du GIEC à travers l’un de ses représentants, Mr Jean-Louis Dufresne, sous-directeur de l’Institut Laplace.   L’institut Laplace est, si je peux me permettre ce mauvais jeu de mot la place forte du GIEC  en France  …La théorie de MM Dufresnes et   Treiner a été exposée sous le titre « L’effet de serre plus subtil qu’on croit » dans un article paru en Février  2011 dans le N° 72 de la très officielle Revue « La Météorologie ». Cet article a connu un grand succès. Il m’a été bien sûr très régulièrement opposé lors de la publication de mon premier livre.

Cet article reconnait que l’effet de serre du CO2 est saturé et se propose de démontrer que l’addition de CO2 dans l’atmosphère augmenterait néanmoins son effet de serre. On croit rêver mais je n’invente rien. L’article est disponible sur le Net et vous pouvez vérifier. En gros ça veut dire que quand il n’y en a plus il y en a encore ….Selon Mr Dufresne l’atmosphère serait constituée de couches successives totalement absorbantes pour le CO2, mais qui réémettraient spontanément les IR absorbés, moitié vers le haut et moitié vers le bas. Ceux renvoyés vers le bas atteindraient le sol terrestre qu’ils réchaufferaient (mention n’est pas faite d’une possible réabsorption par le CO2 des couches inférieures, mais c’est un détail) et ceux vers le haut seraient absorbés par la couche supérieure de la même façon et ainsi de suite, jusqu’au moment où ils seraient tous absorbés mais où, oh mystère, il subsisterait quand même des atomes de CO2 excités qui ne pourraient plus se désexciter. A partir d’une certaine altitude baptisée altitude d’émission, ces derniers ne pourraient plus se désexciter, car la désexcitation précédemment spontanée ne se produirait plus que lors de collisions avec d’autres molécules et il n’y en aurait plus assez de molécules en haute altitude pour que de telles collisions se produisent.

Soyons sérieux, où il y a saturation et aucun IR des fréquences concernées ne s’évade dans l’espace parce qu’ils sont tous bloqués, ou il y en a qui s’évadent et dans ce cas il n’y a pas saturation ! Qui plus est je voudrais bien que ce Mr Dufresne m’explique pourquoi la désexcitation ne serait spontanée qu’en dessous de la fameuse altitude d’émission et qu’au-dessus elle ne serait plus spontanée et résulterait de collisions avec d’autres molécules. Il n’y aurait plus assez de molécules en haute altitude pour que de telles collisions se produisent.

J’ai consacré il y a 7 ou 8 ans la deuxième de mes vidéos « Accusé CO2 levez-vous » à démolir cette thèse invraisemblable et à expliquer que prétendre qu’une émission d’IR au-delà de la saturation revenait à démontrer le mouvement perpétuel. Je vous invite à aller voir cette vidéo qui s’intitule « Accusé CO2 : levez-vous II ».

Une deuxième tentative de la part de certains réchauffistes de rejet de  l’innocence du Carbone en dépit de la saturation, qu’ils admettent, consiste à dire que la bande d’absorption s’élargirait en fonction de la concentration de ce gaz dans l’atmosphère. N réalité cette hypothèse, si vous la transposez dans le domaine du visible revient à prétendre que si vous superposez deux filtres de couleur identique, l’ajout du second derrière le premier élargirait la bande passante de ce dernier. C’est bien sûr inconcevable, ça ne tient pas la route. En fait en bonne logique il semble que l’augmentation de la teneur d’un GES au-delà de la saturation ne devrait changer que l’altitude à laquelle tous les infrarouges sont absorbés qui devrait être plus basse.

Une autre hypothèse avancée serait que l’absorption augmenterait sur les bandes lat-érales de l’indentation. Elle ne repose sur absolument rien de précis, mais serait après tout défendable. Comme cet argument n’est supporté par aucune donnée précise il est impossible de juger de sa pertinence. Tout ce qu’on peut dire est quà l’échelle des relevés disponibles, la pente de ces bandes latérales est inappréciable. En fait si on tient compte de la superposition dans ces bandes de l’absorption par la vapeur d’eau, cet effet s’il existe doit friser le négligeable.

Enfin la troisième tentative de rejet de la saturation est de façon  surprenante le fait non seulement de réchauffistes mais aussi de climato-sceptiques qui cherchent à substituer au diagramme précédent un spectre de la Terre que je vous montre et que j’appelle Spectre Nimbus car ce serait un spectre relevé par ce satellite dans les années 70 . Or ce spectre est totalement incompatible avec celui que je vous ai présenté car on serait bien loin  de la saturation. Ce qui est sans doute la raison de sa résurgence. Il n’est représenté que par deux ou trois spectres, localisés précisément dans le temps et dans l’espace dont un relevé au-dessus des déserts d’Irak et l’autre au voisinage du Pôle Nord.

 

 

 Curieusement ces deux spectres sont pratiquement identiques alors que l’on s’attendrait à ce que les émissions d’infra rouges aux températures polaires différent notablement de celles des déserts brûlants d’Irak. Les autres présentations de ce spectre sont des spectres calculés et non observés ce qui leur enlève absolument toute valeur

 

Lorsque j’ai ainsi soumis mes critiques à mes amis climato-sceptiques qui s’accrochent je ne sais pourquoi à ce spectre Nimbus, tout ce qu’ils m’ont répondu est que ce spectre ne serait pas un spectre mais un relevé des températures de brillance, ce qui n’a pas le moindre sens. Qu’est-ce que c’est une température de brillance ? Tout simplement la température de la planckienne qui passe par ce point. Par n’importe quel point du diagramme de Planck passe une et une seule planckienne. Relever des températures de brillance ça ne veut strictement rien dire !

Voilà, je crois que la cause est entendue, je vous laisse à vos réflexions, qui sans doute rejoignent les miennes. Comment s’est répandue cette histoire de réchauffement et de responsabilité du CO2 au point de constituer un véritable dogme qu’il est illégitime de contester, alors qu’il est contraire à toutes les lois physiques les plus évidentes ! Je n’ai pas la réponse et de toutes les façons je ne veux pas en discuter dans ce MOOC ce qui m’amènerait à déborder des frontières strictement scientifiques que je me suis assignées.

La saturation de l’effet de serre du CO2 ne fait à mes yeux aucun doute. Elle est confirmée du reste par le fait que dans le passé on a observé des teneurs bien plus élevées qu’aujourd’hui, qui n’ont apparemment pas coïncidées avec des périodes d’élévation notables de températures, et qu’à l’inverse on a observé des élévations de températures rapides sans variation correspondantes de la teneur du CO2.

Je ne m’appesantirai pas trop sur ces arguments car ce sont ds arguments plus polémiques, en particulier en ce qui concerne les températures. On sait ce que je pense de la doxa prêchée par le GIEC. En ce qui me concerne je pense que la messe est dite et que le CO2 ne joue aucun rôle dans le réchauffement climatique que celui-ci soit réel ou fantasmé. Celà doit bien sûr s’entendre au delà de sa participation initiale jusque sa teneur dans l’atmosphère atteigne ce niveau de saturation. Mais au delà il est bien incapable de participer à quelque réchauffement que ce soit. Tant pis pour la Déesse Gaïa et ses admirateurs.

Bonsoir !

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